A way to reach out

Tourmentée

♦ J’écrivais hier, je pensais déjà que tout allait mieux. Malheureusement, il faut bien peu de choses à un esprit comme le mien pour se mettre à ramper pitoyablement, encore… Je viens de réaliser à quel point ce monde est affreux. Hier soir et aujourd’hui, tout ce que j’ignorais volontairement m’est revenu en pleine face. Inutile de faire un éventail de toutes les horreurs que j’ai lu. Je réalise seulement… Oui… À quel point ce monde est dangereux, haineux, sans pitié. Comment l’expliquer ? J’ai ce sentiment d’inadéquation, de peur, d’angoisse liée à ce qui est extérieur à ma pensée. Je pense au regard de la psy qui semblait dire : « Oui, oui, je vois… Mais… Vous savez que chacun pense que le monde connaît ses pires heures ? Vous plaindre ne vous avancera à rien, passez à autre chose ! Mais quoi ? Non, évidemment que votre souffrance est à prendre en compte, mais il faut faire abstraction… ». Je n’y arrive plus. Je n’arrive pas à me protéger de tout cette misère ambiante.
D’ailleurs, je parle de la psy mais c’est ce que ma mère m’a fait comprendre quand je lui en ai parlé, par une naïveté fondée sur mon désespoir : « On ne va pas pleurer pour tous les trucs moches qui arrivent dans le monde ». Cette famille… Eux non plus, ne me facilitent pas la vie. Il y a un temps où je conseillais à mon amie d’exploser pendant les disputes. De se venger sur ses sœurs qui lui faisaient la misère, à mon image : quand je me battais avec mon frère. Je ne me sentais pas mieux mais j’avais la satisfaction d’avoir honoré le bien connu « œil pour œil, dent pour dent ». Depuis un certain temps, je me suis calmé… Inconsciemment. J’ignore le manque de respect, la moquerie, je parle moins et peut-être mieux, j’obéis quand on me demande quelque chose, je… Je veux que tout roule . Et pourtant… Comme Sisyphe, quelle déception quand cette pierre que j’ai réussit à faire monter en haut de la montagne au prix de coûteux efforts… Retombe machinalement. J’implose.
Je ne réussit plus à relâcher la pression petit coup par petit coup de colère. Je n’arrive plus à extérioriser… Tout. Je me tais, pleure en silence, je me cache. Comme j’ai envie de crier, taper, déchirer, balancer, éclater tout ce qui se trouve autour de moi. C’est la paralysie que je redoute, aucun de mes membres ne bouge et mes cordes vocales sont emmêlées. J’ai l’impression d’être attachée, bâillonnée. Tout ce que je peux faire, c’est pleurer en silence, mordre mes lèvres, griffer mes mains et frotter douloureusement mes pieds. Toute cette violence se retourne contre moi, j’en ai marre. C’est injuste. Ce n’était pas assez de me pousser jusqu’au dernier de mes retranchement de façon à ce que je n’ai d’autre choix que celui d’attaquer mes agresseurs ? Il faut maintenant que je sois mon propre bourreaux pour plaire à madame et messieurs ? Non non… C’est trop horrible. Quand ce ne sera plus eux, ce sera d’autres. C’est trop injuste.
Je n’ai aucun abris, j’aimerai juste pouvoir dormir quelque part. Dans un endroit où on n’épiera pas mon sommeil, où l’endormissement n’est pas inquiété, où le "dos au mur" n’est pas une nécessité, un réconfort irremplaçable. Un lieux où parler n’a aucun sens puisque tout va bien. Un bonheur ennuyeux jusqu’à plus soif…