A way to reach out

Toc toc

♦ Je ne sais pas quoi faire, d’un côté j’ai déjà du retard dans mes cours et de l’autre, je m’ennuie. Bon, c’est un retard relatif puisque je ne compte plus aller en cours, étant ainsi en distanciel complet. Enfin, je ne peux me le permettre que dans les cours en amphi. Quand commencerons les TD, je n’aurai pas vraiment le choix puisqu’on contrôlera ma présence. Et puis quand je parlais d' "ennui", ce n’est pa vraiment ça sinon la réponse à ma question serai d’une simplicité enfantine : je n’aurai qu’à rattraper mes cours en retard, tout plutôt que ne rien faire…
Je suis incapable de me concentrer sauf quand j'écris ou m’organise. Je dis toujours que si ma "chambre" est rangée, c’est que je ne vais pas bien… Problème, je n’ai plus rien à organiser, j’ai même organisé mon agenda pour tous les mois à venir, j’ai tout rangé dans des trousses, j’ai revu l’organisation de mes livres… Et impossible d’organiser mon espace informatique parce qu’il y a jamais un fichier qui dépasse, ça c’est juste une habitude de freak.
Récemment, j’ai découvert que l’anxiolytique qu’on a prescrit à P anesthésiait vraiment ces pensées donc j’en ai pris plus ou moins régulièrement en petite quantité, ce qui me suffit. Je crois que je vais en reprendre un aujourd’hui, je n’ai pas le choix, mais je dois maintenant peser le pour ou le contre pour chaque pilule que je prends parce qu’il ne m’en reste plus beaucoup. Et je n’ai vraiment, mais vraiment pas envie de retourner voir un/e psy quel qu’il soit.

Sinon, il n’y aura personne à la maison aujourd’hui. Pour une fois que je n’avais pas envie d’être seule. C’est affreux d’être seule avec ses pensées destructrices, une lutte infernale. Toute seule, je vais sûrement faire une connerie ou avoir une idée de comportement autodestructeur qui va cogner toute la journée.
Hier soir (ou très tôt ce matin, je sais plus), j’ai fait des recherches à propos des addictions comportementales. Je m’en doutais un petit peu mais je pense avoir développé une petite addiction aux achats. En gros, ça ne me pourrit pas la vie mais c’est clairement impulsif et je regrette souvent mes achats. Enfin, pas l’objet mais clairement la raison pour laquelle je l’ai acquis : à savoir, réguler un peu mes émotions négatives. Comme si on achetait un jouet qui distrairait un enfant en colère. Je me déteste d’être comme ça. Cette attitude passerait également pour de la générosité aux yeux de mon entourage : je me suis rappelée qu’hier encore, je proposait à M de lui acheter une doudoune XXL et des bottes Timberland, alors que j’ai des manuels à acquérir pour mon année… Et que je la déteste. Bref, tout ça pour dire qu’il faut que je surveille ça.
Plus surprenant, je crois aussi avoir été addict aux écrans de mes huit ans à… Douze, treize ans peut-être ? Je n’en souffrais pas, bien au contraire mais ma vie et mon corps en pâtissait. Concrètement, si on retransposait mon mode de vie de l’époque à aujourd’hui, on me considérerait très probablement comme une hikikomori. Je parle surtout du mode de vie, je n’avais pas vraiment de pensées parasites à l’époque. J’avais quand même ma famille qui me faisait beaucoup de reproches au sujet d’Internet, je restais dessus au moins huit heures (continues) par jours, j’avais une vie parallèle dans un jeu en ligne, je me levais la nuit pour me reconnecter à ce jeu et forcément, je m’endormais difficilement quand ce n’était pas de fatigue. Je ne fais pas cette liste pour me faire remarquer, de toute façon c’est derrière moi, mais surtout pour m’en souvenir et peut-être aider d’autres à réaliser que c’est très certainement une manifestation d’un mal-être.

Ah et j’ai encore fait un cauchemar, j’en fais souvent depuis quelques jours mais ça ne m’étonne plus. Contenu : Cette fois-ci, je me fais tuer par un serial killer qui garde les baskets de ses victimes (quelle originalité), ce qu’on appelle des "trophées", et il cachait les corps sous le sol fait de cartons qu’il fallait replier d’une certaine façon. L’apparence du tout était présenté comme un magasin mais les chaussures étaient trop abîmées pour être vendues comme neuves. Alors moi j’entre avant lui et quand il apparaît, je me cache et c’est une sorte de course poursuite sans que le principal concerné soit au courant de quoi que ce soit. C’est un petit peu la spécialité de la prod de mes cauchemars : me cacher tout en avançant vers une porte de sortie et BAM apparition de la menace et fin avec mort ou simplement une frayeur. Et donc au bout d’un moment, le type sort et revient brusquement, je me cache en trombe, il avance vers moi, je suis immobile et pourtant très visible, je ne le regarde pas. Soudain, il crie et j’ai juste le temps de me retourner pour le voir me poignarder. Seules originalités de ce "rêve" : j’étais au Cambodge ?… Je ne sais même pas à quoi ça ressemble, mais j’étais bien là-bas et mon skin (=avatar, apparence du personnage) était vraisemblablement un jeune garçon de douze à treize ans, neveu du serial killer.
Quand je me suis réveillée, j’ai entendu des clés dans la porte. C’est M qui rentrait du travail. Je lui ai demandé de venir me voir (à cause du cauchemar) mais elle m’a répondu qu’elle n’avait pas le temps.

Je pense que je vais aller voir mon Amie. Je culpabilise un peu, j’espère qu’elle me répondra qu’elle ne peut pas, qu’elle est en cours ou un truc du genre. Elle-même ne va pas bien, elle n’a pas besoin que quelqu’un vienne expulser toute son amertume sur elle.

Non, je ne vais pas lui demander, je vais aller à la bibliothèque et essayer de rattraper les cours. Si je ne peux pas, je lirais des Gaston Lagaffe.