A way to reach out

The dream of lasting peace

♦ Aujourd’hui, je voulais vraiment écrire dans mon journal manuscrit mais j’ai rongé mes ongles hier soir. D’aussi loin que remontent mes souvenirs, je l’ai toujours fait. J’avais aussi arrêté cette mauvaise habitude il y a déjà plusieurs semaines parce que je commençais à avoir vraiment mal aux dents, si bien qu’ils étaient devenus très longs et que sans faire exprès j’ai fait mal à plusieurs personnes de mon entourage. J’ai réalisé que je ne savais pas couper mes ongles. C’est enfantin, hein ? Je m’en suis sortie tant bien que mal pour finalement les ronger à cause d’un coup de stress. Comme ça faisait longtemps, mes doigts sont douloureux ou alors je ne suis plus habituée à la douleur. Impossible de tenir un stylo (en plus j’appuis souvent fort sur la pointe), alors me voici. Au moins, appuyer sur les touches du clavier est supportable.
Je reviens si tôt parce que je me suis encore disputée avec ma "famille". Je suis fatiguée de ce mot, vraiment. Il faut que j’en trouve un autre. Je désigne souvent mon père par "P" et ma mère par "M" depuis… Je ne m’en souviens plus. Avant, je désignais mon petit frère en mettant en minuscule la première lettre de nom (à l’écrit, donc) puis plus récemment par "race vipère". C’est une sorte d’insulte en créole mauricien. Néanmoins, pour autant que ces surnoms leur sied à merveille, je ne peux pas les désigner de cette façon dehors. Il est donc nécessaire de trouver des tournures qui n’impliquent pas de dire les mots "famille", "mère", "père", "petit frère". Parfois, je me demande comment les disparus volontaires parlent de leur famille. Ce serait d’une grande aide. Peut-être tout simplement qu’ils n’en parlent pas, même quand on leur pose la question.
Enfin, ce n’est pas tellement que je ne les considèrent pas comme ma famille (au bout d’un moment il faut bien accepter qu’ils en font partie, que je le veuille ou non). C’est simplement que je n’ai plus envie d’être rattachée à eux. Je suis fatiguée. Je le répète, je le clame, mais qu’on me laisse tranquille. C’est tout ce que je veux.
D’ailleurs, P a racheté un paquet de tabac et il a fumé cinq ou six roulées hier. Rien ne dure, rien.

2ème modification : Finalement, que ce soit dans un journal manuscrit, un journal en ligne, sur un bout de papier volatile, dans une correspondance, en écrivant des lettres qui ne seront jamais envoyés, en me confiant à mon Amie par un système de messagerie instantanée, ou même dans une attitude de débauche sur des chats en ligne… Jamais je ne pourrais cesser d’écrire. Jamais, jamais, parce que ça n’ira jamais mieux.

3ème modification : Je n’ai qu’à les appeler "Eux".

4ème modification : "Dem"