A way to reach out

Milles bornes

♦ En ce moment, je fais des cauchemars terribles. Je n’en ai pas vraiment peur, j’en ai même l’habitude à force d’en faire et de me souvenir de leur contenu à partir d’environ quatre ans jusqu’à mes six ou sept ans — comme tout enfant normal. Vers dix ans, mes cauchemars se sont espacés, ils s’effectuaient par périodes et à chaque réveil je me lève avec un mal de crâne manifeste qui dure jusqu’au début d’après-midi. Non, je n’ai pas peur de mes cauchemars, j’entends par-là que je ne suis plus effrayée de leur contenu. Néanmoins, j’ai horreur du moment de réflexion qui suit : je redoute mes conclusions. Qu’est-ce que cela peut signifier ? Pourquoi ces éléments et pas d’autres ?
Étonnamment, le scénario catastrophe serait de ne pas avoir de réponses… Autre qu'angoisse. L’angoisse, l’anxiété… C’est ce que je considère de plus fatal pour moi (dans le cas où elle s’éternise). Rien n’est rationnel dans ce mode de pensée. Alors bien sûr, à défaut de trouver un moyen efficace de me soigner, je me détourne de mon mal : non, il n’existe pas… Pas plus que mon mal-être imaginaire. Donc je peux vivre sans me soucier de lui, n’est-ce pas ?
Mais cette vie ne me correspond pas. M’organiser sans me laisser une minute de répit parce que sinon j’aurai envie de penser inutilement, encore. Être ultra souriante et énergique pour éviter qu’on me demande si "ça va". Et fuir, revenir à la réalité parce que je suis dégoûtée de cette personne qui se cache. Lancer une excuse bidon pour pouvoir fumer une cigarette, pour ne pas avoir à le dire explicitement, comme si c’était une honte. Revenir, apathique. Entendre : "Tu es toujours aigrie quand tu fumes", me conforter dans l’idée que je devrais me cacher encore et qu’on acceptera pas celle qui déprime, se demandant quand la dépression reviendra, si elle déjà est là, si je n’imagine pas encore des choses. Finalement, revenir à la réalité que j’exècre, dans ce corps qui, comme une ancre, m’empêche de dériver trop loin. C’est là que réside l’entièreté de la Question, un seul mot : "trop". Je ne réalise qu'après mes excès, après je réfléchis, après je regrette, après je me déteste. Pourtant j’ai besoin d’elle, de cette personne, tantôt froide, tantôt hyper chaleureuse. Elle me constitue.
Trop. Quelle est la limite ?

Vendredi dernier, devoir sur la Préface de Cromwell. J’ai généralement de bonnes notes sur les extraits d’œuvres/manifestes romantiques. Tips : tout tourne autour de la dualité de l’homme, du monde, des valeurs… Le conflit intérieur.