A way to reach out

L'Âne

♦ Il existe des personnes charmantes, des personnes qui vous offensent mais que vous ne pouvez pas vous empêcher de pardonner quand elles reviennent à la charge. Je les admire en les détestant profondément, autant que cette ville dans laquelle je me suis perdue cette après-midi. Rue des Coquelicots, Avenue des Dahlias, arrêt des Riantes Cités… Finalement, je me suis davantage égarée dans mes pensées, Alice aux pays des Médiocrités.
Il y a peu : "Je veux faire quelque de grand, sinon mieux vaut mourir"... Comme si j’avais le choix. Je ne vois pas ma vie comme une longue ligne blanche d’autoroute. Je ne peux pas. Après tout, je pourrais prendre le parti d’une existence rangée avec celle des autres ? Un foyer stable, un mari et des enfants. Peut-être que je ne suis que le reflet d’un idéal qui voudrait que cette conception du bonheur soit exterminée. Il se peut qu’au fond, je ne sois qu’en perpétuel mouvement contradictoire avec la masse. Peu importe combien de fois elle changera de direction, je regarderai toujours d’où elle provient et j’avancerai en reculant. Il semble que je me destine à être dissociée des autres. Quête invraisemblable d’originalité. Qu’est-ce qui n’a pas été déjà fait ?
Aujourd’hui : réagir à une plaisanterie du professeur qui m’a agressé hier et m’en vouloir. À défaut de pouvoir avoir du charme, j’essaie de ne pas être contrôlé par celui des autres. J’ai d’ailleurs remarqué qu’on me prend souvent pour une enseignante au lycée. On s’excuse de me croiser, on me tient la porte et on ne me réclame pas de cigarettes.