A way to reach out

Deux par deux

♦ Je pense à cette terre promise. Je pense à tous les souvenirs que j’ai de cet endroit, toutes les personnes qui y sont liées ; tous ces lieux qui, dans l’œil d’un autre, seraient considérés comme banals, comme une toile de fond ayant peu d’importance alors que c’est bien plus que ça. Ce plafond, ce minuscule espace entre deux maisons, cette cuisine, cette ouverture sans porte d’où dépassait systématiquement une main… Puis plus rien. Le début de ce qui m’a amené à devenir la chose que je suis aujourd’hui.
Depuis ce jour, j’y suis retournée deux ans après. La prochaine fois, c’est cette année. Il était prévu qu’on n’y aille pas pour économiser pour je ne sais quelle raison… Puis cette opportunité : y aller pour mes études. C’est devenu ma nouvelle échéance : y revenir tous les deux ans. Ma première échéance, c’était mon rêve d’enfant : devenir vétérinaire. C’est l’échéance qu’on se fixe à peu près tous et qu’on rate presque systématiquement parce qu’elle est trop longue. J’aurai eu quasiment trente ans de dur labeur derrière moi pour enfin respirer et profiter de la vie. Trente ans sans relâcher la pression… Non, c’était trop. Je n’ai pu contribuer à ce rêve que seize ans et demi de mon existence. Maintenant, je suis une nouvelle voie et je n’ai plus qu’elle.
Je traîne peu de choses avec moi, que ce soit des personnes, des animaux, des biens matériels ou, et principalement : un patrimoine émotionnel qui me pèse. J’ai l’impression que je peux à peine me porter moi-même mais je refuse une aide extérieure parce que je me sentirai redevable. Je déteste me sentir endettée, être accrochée à quelqu’un. Néanmoins, il y a cette Amie. C’est un cas exceptionnel. Je m’exprime mal mais être avec elle c’est le même sentiment qu’être dans un abris quand il pleut dehors. Elle est ce type de personne qu’on peut garder toute une vie parce qu’elles ont cette chaleur qui nous fait oublier pourquoi on est avec elles, pourquoi on reste… Le sens de cette amitié.
Je suis un chat dans le monde, je cherche mon paradis. Peu importe s’il se trouve dans une personne, s’il est géographiquement situable, si c’est un cul-de-sac poisseux ou un café.
Unfortunately for her, I’m so damn selfish. I wish she find in me something that makes her feel safe. I wish she would tell me how I could be a better person.