A way to reach out

Chimères

♦ Cette nuit, j’ai rêvé et je m’en souviens. J’ai été enlevée avec d’autres, qui étaient des peluches dotées de parole… Au même moment, je me voyais en train de montrer l’endroit où j’ai été séquestrée à une quelconque autorité, ou alors je me délivrai moi-même… C’était terrifiant.
Je suis une de ces personnes qui ont peur de dormir seules la nuit. Néanmoins, il peut advenir que je m’endorme sans trop être angoissée. Malheureusement, ce n’est pas monnaie courante. Je pense que ma maison idéale découle de cette crainte. En effet, si j’ai un avenir, j’aimerai vivre seule. Il me faudrait alors une petite maison avec peu de pièces, petites aussi si c’est possible. Les grandes pièces m’angoissent ou alors il faut qu’elles soient si remplies qu’on ne remarque pas qu’au départ elles étaient si spacieuses. J’aime le désordre, il cache le vide et il ne m’angoisse pas au contraire du rangement. J’aime ranger, mais je n’aime pas voir une salle rangée. Chacun ses excentricités.
Peu de fenêtres ni de portes, pas d’angles morts. J’imagine toujours qu’on pourrait me tendre une embuscade dans ces endroits. Néanmoins, j’aimerai avoir une baie vitrée qui donne sur mon immense jardin et dans cette optique, un balcon à l’étage du dessus. Enfin, je vois mal comment ce serait réalisable puisque j’ai peur des étages. Pour être tout à fait honnête, j’aimerai vivre dans un camping-car et mon jardin… Ce serait le monde. Après tout, c’est petit, on (en tout cas, je) peut y vivre tranquillement tout seul. J’ai moins de risque de tout perdre que ceux qui sont installés dans une maison. Ma maison serait toujours avec moi et je pourrai partir en vacances avec elle si j’ai assez d’argent (ce qui m’éviterait de ramener deux valises remplies à ras bord pour deux semaines parce que j’ai peur de manquer de quelque chose). Je n’ai pas envie d’avoir une maison immuable, immense, hautaine. Je ne veux pas de vie de famille, je ne veux pas voir ma famille (restreinte et plus éloignée) tant que ça. Je veux pouvoir fuir une terre quand je ne m’y sens plus chez moi.
S’installer, c’est prendre le risque de tout perdre d’un coup. Une maison qui roule, c’est mal vu. Je ne comprends pas pourquoi. Apparemment, mon grand-père paternel avait une sorte de remorque accrochée à sa voiture et il allait de fermes en fermes avec sa famille… Un peu partout en France. Ils vivaient parfois avec des gitans. Je ne l’ai jamais connu mais j’envie sa liberté. Il n’a pas fait de sa famille une restriction. De ce qu’en dit mon père, ce n’était pas forcément le meilleur parent. C’était un esprit libre. Qu’est-ce que je l’envie...

Howl’s Moving Castle