A way to reach out

C'est pas la fin du monde

♦ Se coucher et programmer son réveil pour être en cours à 9h. Être réveillée plusieurs fois : 4h30 peut-être, 6h, 7h30.
Dans le bus : un homme qui se trompe de ligne ; par la fenêtre : un chien qui traverse seul une avenue, son maître qui lui court après.
Arriver devant la salle, mettre ses lunettes, voir à travers le carreau que tout le monde est déjà là, être étonnée, les retirer et frapper à la porte. Voir le professeur tourner la tête, déceler malgré la myopie une expression menaçante. Appréhender de grands gestes élancés et une bouche fermée qui s’ouvre à plusieurs reprises, entendre des vibrations ponctuées brusquement dans l’air provenant d’une silhouette assise. "Comprendre enfin de quel mal on est la cause" et repositionner gauchement ses lunettes… Entendre des rires. Voir ses cheveux voler et réaliser immédiatement que la porte a été ouverte en grand. Lever la tête, avoir envie de disparaître "en voyant dans la fuite notre ultime effort". Toujours ces lèvres mouvantes, s’écraser sous le poids du braillement intempestif.
Pourtant : ne rien entendre.

Pendant tout le cours, Zelig de Woody Allen était projeté, je me répétais : "Ce n’est pas une humiliation, puisque je n’ai pas eu honte". C’était une agression, j’ai ressenti de la colère. J’aurai préféré avoir honte d’ailleurs : au moins, je me serai épargné cette auto-culpabilisation. Heureusement pour moi, c’est la raison qui a pris le dessus : ce n’est pas ma faute, c’est cet individu, un être humain comme moi. Il m’a abruti.
→ Rendre quelqu’un stupide, incapable de réagir, de penser et de sentir.
→ Mettre dans un état d’accablement ; accabler, écraser.

Essayant de schématiser la scène, pendant le film :

Anecdote : Penser que Leonard Zelig a existé, expliquer sa maladie par un trouble particulier de la somatisation.

How can I, me among the others, be brave ?