A way to reach out

Blessed are those who see and are silent

♦ Il y a quelques dizaines de minutes, je me suis… Disputée… Avec ma famille...?
Je n’ai pratiquement pas crié. C’était… Surréaliste. C’est exactement le mot, je n’étais pas concernée, je l’ai vécu comme un rêve. Ou plutôt un cauchemar… Je n’en sais rien, c’était beaucoup trop de choses en même temps, une confusion… Bien que je n’étais pas vraiment étonnée. C’est toujours la même chose, mais je l’ai déjà dit. On dirait que ça me contamine...
Je ne m’étalerai pas sur l’origine de cette énième dispute parce que j’en ai honte. Cette situation est repoussante. Elle n’a aucun sens, elle ne devrait pas avoir lieu d’être. Chez d’autres, elle se serait probablement consumée d’elle-même, dans son coin. Dans ma famille, une étincelle et c’est l’incendie.
Tout ça pour dire que j’étais dans mon bon droit. Je sais que quand on se dispute, tout le monde pense avoir raison, mais… J’ai bien le droit de disposer de ma maison, non ? Elle est constituée de deux studios. Depuis un an, je crois, je n’ai plus de chambre. Au début, je dormais dans le grenier avec mon frère (aménagé, évidemment) puis ils ont terminé les travaux dans le sous-sol alors j’y ai déménagé en première suivie de mon frère. Malheureusement, nous passions nos journées à nous disputer et ce n’était plus vivable. Alors mon frère a dû aller dormir avec ma mère au rez-de-chaussée et mon père est descendu. Cette époque qui remonte à un an était aisément supportable, on ne s’embêtait pas tant que ça, parfois on regardait un film ensemble. Après ça, j’ai dû remonter au rez-de-chaussée parce que mon frère se disputait trop avec ma mère. On dormait chacune sur un clic-clac. Mon père ne l’a plus supporté alors il a fini par monter aussi. Il a pris mon clic-clac. Finalement, mon frère a tout un studio pour lui alors qu’il sort tout le temps et nous trois, on s’entasse sur deux clic-clac. Enfin, je dors avec ma mère sur le même donc on s’entasse toute les deux.
Aujourd’hui, enfin : tout à l’heure, elle m’a hurlé dessus parce que je n’ai pas voulu respecter une stratégie d’évitement et quand j’ai tenté de me faire respecter par mon petit frère, il s’en est pris à ma mère, qui s’en est pris à moi ensuite. En gros, j’avais eu tort d’avoir poussé mon frère qui ne me laissait pas accéder à un lieu de chez moi (à savoir le rez-de-chaussée) parce qu’il voulait être seul dans cette pièce alors qu’il a tout un studio dans lequel il ne sera pas dérangé. Principalement, on m’a accusé de ne pas avoir pris mon mal en patience, ou : de ne pas accepter de subir la présence de ce gamin incapable de respecter qui que ce soit si ce n’est pas une personne qui traîne dans la rue vers trois ou quatre heures du matin habillé en vêtements de sports. On m’a accusé de simplement vouloir… Habiter chez moi ?
Vraiment, j’ai envie de lui écraser la tête à coup de bâton mais je n’ai ni la force ni l’envie d’affronter les conséquences d’un tel acte. Evidemment, j’ai longtemps pensé qu’il n’aurait jamais dû naître. Cependant, j’ai commencé à penser que c’est moi qui n’aurait jamais dû voir le jour. Soyons clairs, je ne me sens coupable de rien. Non, j’en veux simplement à mes parents de m’avoir donné la vie. C’est vraiment choisir la facilité que de leur en vouloir mais bon, je me contente de ça. Il me faut un coupable.
Donc… Toute cette situation est irréelle car absurde. Mon prof de philo a dit que ce mot venait du latin "surdus". En effet, l’absurde c’est une situation à laquelle on n'entend rien. Entendre au sens de comprendre.
Ces disputes sont des faits que j’ai appris à accepter. Il n’y a rien d’autre à ajouter.
Enfin… Si. Une dernière chose. Je suis loin d’être une personne avec qui vivre sous le même toit est agréable, mais… Rien. Non, rien. Je ne sais même pas pourquoi j’écris, j’en ai marre de ces cons.