A way to reach out

Blanc

♦ Depuis le début de cette semaine, je ne me suis pas arrêtée. Permis, rendez-vous psy, Parcoursup, BAC, rattrapages, relations sociales, relations familiales, hygiène de vie… Drôle d’idée que de citer le dernier dans cette liste de préoccupations parce que c’est la tâche que j’ai le plus négligé. Ce n’est pas que je m’en occupe tant que ça d’habitude, mais me forcer à y penser cette semaine en plus de tout le reste… Je… Par où commencer ?
- Je n’ai toujours pas finalisé le dossier pour passer le permis.
- Je ne me suis pas présentée à la mairie de ma ville pour réclamer les aides auxquelles j’ai droit pour ma première inscription au permis.
- Sur Parcoursup, j’ai toujours un voeux en attente mais who cares puisque de toute façon que je l’ai ou pas, je vais définitivement rater ma L1 et je vais encore perdre la pseudo-paix que l’obtention de mon BAC a permise.
- J’ai accompagné mon Amie aux rattrapages. Pour ça, j’ai dû la rejoindre pour prendre le RER (que je supporte vraiment mal) à 6h45 hier et aujourd’hui. Je savais que ça allait me flinguer mais j’ai quand même insisté pour l’accompagner parce que c’est la seule personne qui a été là pour moi quand j’en avais besoin.
- J’ai refusé une sortie pour fêter le BAC avec quelques connaissances, je crois qu’elles m’en veulent mais pour être honnête, ça me passe au-dessus.
- Mon frère m’a fait vivre un enfer depuis le début de cette semaine. Bien heureusement pour moi, il est partit tout à l’heure pour Deauville avec son meilleur pote. Durée du séjour : deux jours. Je ne demandais rien de plus, merci.
- Quand à l’hygiène de vie, on repassera. J’ai préparé un emploi du temps pour cette semaine que j’ai profané d’une manière si honteuse que je n’ose plus rouvrir mon agenda. J’ai un sommeil exécrable. J’ai littéralement passé des journées dehors alors que ça fait des semaines que je ne bouge pas de mon lit. J’écoute de la musique à fond histoire de ne pas stresser quand je suis dehors (spoiler alert : ça a raté). J’ai fumé plus de la moitié d’un paquet de clopes en trois jours alors que j’avais perdu l’habitude de griller autant de clopes. D’ailleurs, maintenant je fume à côté de mon Amie, ce que je ne voulais jamais faire même si selon ses dires ça ne la dérange pas. J’oublie systématiquement ma bouteille d’eau quand je sors, donc j’achète un Coca dans la première épicerie qui a le bonheur de se trouver sur mon chemin. Pour en finir avec ce point, je ne mange plus que des conneries à droite à gauche pour contrebalancer les autres semaines où j’ai mangé tout et n’importe quoi pour combler l’ennui.
- Et les tant attendus rendez-vous psy. J’ai vu ce matin ma nouvelle psychologue (pas pour longtemps) pour la troisième fois en intervalle de temps de deux semaines. Il y a quelques temps, elle m’a proposé d’aller dans un CMP. J’appelle, j’ai finalement rendez-vous aujourd’hui aussi mais avec une infirmière psy dans l’après-midi. Pour faire court, ces deux séances m’ont niqué mon "équilibre" qui n’en était plus un depuis lundi. Je suis rentrée chez moi vide, j’ai été faire des courses dans cet état sur la demande de mon père, je suis revenue, entre-temps ma mère est rentrée, j’ai fait en sorte d’entretenir de courses conversations, je suis allée sur mon ordi, j’ai pris une douche, il est déjà tard, retour sur l’ordi, je regarde un court-métrage/documentaire sur les Hikikomori, ça m’achève. J’éteins rapidement l’appareil, je bouge tellement dans mon lit qu’on dirait que c’est le premier jour de mes règles, quand je m’immobilise je fonds en larme, quand je finis, je bouge par réflexe et de nouveau le circuit : je me tourne et me retourne jusqu’à ce que je sois à bout de force, que je m’arrête et que je pleure. Typiquement, je pense à quel chose qui m’angoisse/me gêne/me fait avoir honte alors je me retourne pour ne pas y penser sauf que ça revient et quand j’y pense trop fort, je pleure sans pouvoir m’arrêter. Au bout d’un moment, je me suis levée et j’ai commencé à pleuré (pour ne pas changer), je tremblais un peu et mes yeux étaient inutilisables. Je me balançais un peu aussi et ça m’a surprise (après) parce que ça ne m’étais pas arrivé depuis longtemps. C’est mon truc d’éléphant, étonnamment ça soulage même si c’est carrément flippant à voir (je suppose ?). En vérité, j’ai plutôt bien géré cette crise parce que je l’ai vu arriver à des kilomètres. C’était prévisible. D’ailleurs, j’ai l’impression que quand mon frère reviendra, je vais vraiment péter un câble. Intuition, la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Je sens bien que ce n’est pas terminé, j’ai envie de hurler depuis des jours, tout particulièrement tout à l’heure. Malheureusement, il est 23h et je n’ai absolument aucune excuse valable pour réaliser un tel projet. Je n’ai pas non plus envie de me faire traiter de "folle", encore. Si seulement ça pouvait sortir sans que je puisse le contrôler. Au moins, j’en finirais avec cette tension. Enfin… Même mes muscles sont tendus ! Il faut que je les laisse retomber consciemment sinon ils restent dans cet état.

Bon, voilà qui est dit. Je pense que ça suffit pour garder en mémoire ce à quoi ressemble une crise, on verra bien après l’usage que j’en ferai.