A way to reach out

Banshee

♦ Accrochage hier soir avec mon frère, après quelques jours de tension. Nous savions tous que ce ne serai pas pour très longtemps. C’est franchement misérable, on dirait des chiens enragés.
En général, je n’interviens pas dans ces conflits mais il y a toujours un moment où un d’eux vient à moi afin de me dire avec plus ou moins de véhémence quelque chose que je ne peux pas laisser passer, et je finis presque toujours recroquevillée dans mon coin en pleurs après avoir… Comment dire, ça dépend mais dans tous les cas ce n’est jamais très beau à voir.
Ce matin, j’aurai dû repérer le piège. Les parents agissaient comme si de rien n’était, notre discussion était même enviable puis ma mère me demanda avec son regard d’incompréhension tirant sur de la provocation, peut-être aussi un peu de peur : "Et sinon… Pourquoi tu as crié comme ça hier ?".
"Rien de plus normal dans une dispute, non ?" eu-je envie de lui répondre mais sa question était, pour être tout à fait honnête, vraiment légitime. Je déteste la fin de ces accrochages puisqu’ils se terminent généralement par un excès de violence de ma part. Ce n’est pas à cause de mon agressivité, mais bien à cause du moyen que j’utilise pour exprimer toute mon animosité envers cette situation et ses instigateurs que je me trouve ainsi ridiculisée par moi-même. Hier donc, j’ai hurlé à pleins poumons une, deux, trois voire quatre fois.
Pourquoi ? J’espère trouver la réponse en écrivant… Peu après mon réveil et prise au dépourvue, j’ai répondu : "Sérieusement ? Alors qu’on discutait tranquillement tu t’es dit que c’était le meilleur moment pour en parler ?!" Parler pour ne rien dire...
Je crois que j’ai vraiment du mal à gérer ces situations… À gérer l’impact qu’elles ont sur moi. Peut-être que j’ai crié pour surpasser le bruit incessant, signaler la fin de ce défouloir émotionnel. Peut-être que j’ai hurlé par frustration, par dépit aussi : essayer d’arrêter la dispute par les mots n’ayant pas suffi, n’ayant jamais été un moyen montrant une quelconque efficacité...
Comme toujours, mon intervention abroge le conflit et en quelque minutes, il n’en est déjà plus rien. Il ne reste que moi avec ma honte, et en l’occurrence… Mon mal de gorge.
Très souvent, ma mère a tout un lexique pour me décrire quand je crise : folle, hôpital psychiatrique, psychopathe… Toute une énumération alors qu’elle ne sait même pas ce que signifient la grande majorité de ces termes. Cela semble être juste une façon de poser des mots sur quelque chose qu’elle ne comprend pas, en un sens : d’éviter de poser des questions dont elle ne veut pas connaître les réponses.