A way to reach out

Tentative [affre]use

♦ Depuis qu’il y a la mise en place des cours par correspondance, je suis devenue maniaque de l’organisation. Agencer les mails, trier les contacts, actualiser les To Do List… C’est devenu une obsession pour ne pas être submergée. Je n’ai clairement pas besoin de ça alors j’introduis une discipline, dont je fais rarement preuve, dans ma vie… Étonnamment, c’est très relaxant mais si… Comment dire… C’est… Si éloigné de mes écrits habituels. À l’ordinaire, je me pose des questions sur la vie et j’apporte des réponses changeantes, satisfaisantes sur le moment… Je fais couler de l’encre sur mes émotions : je les analyse mais plus souvent je n’en fais rien, parce qu’il est trop tôt, parce que ça fait mal, parce qu’on est pas forcé de donner du sens à tout. De l' "encre" parce que j’ai aussi un journal manuscrit à côté. Je me suis demandée récemment pourquoi j’accordais autant d’importance à ce journal en ligne. Pour être tout à fait honnête, j’en avais écrit un… Avant de l’abandonner au bout d’un jour. Pourquoi précisément ce journal ? Je pense que je suis davantage attachée à son rôle de départ, un rôle d’intermédiaire. Pourtant, je sens bien que je suis une autre personne ici. Ah… Après. Y réfléchir après.
Esquisser une émotion. C’est décidé. L’organisation ne fera pas de moi un automate.
Aujourd’hui, entendre ma mère téléphoner à ma tante. Être témoin de la douce voix de cette dernière et m’approcher, changer en même temps d’expression pour lui sembler chaleureuse. Elle nous parle de mon chien court sur patte Roxy, de l’impact du virus à l’Île Maurice… Essentiellement, elle demande des nouvelles. Mon incapacité à me concentrer cinq secondes sur ce qu’on me dit (apparemment à cause du stress) a raison de moi quand j’entends "Attends, ◊ passe, Yassine ! Laisse passer ◊." Ma mère, certainement aussi interloquée que moi, demande : "Qu’est-ce qu’il se passe ?" "Non, non rien. Oui, alors du coup..." Il n’y a que moi qui reste bloquée.
Non, ce n’est pas un bug, j’appelle cette personne : "◊". Je n’ai pas envie de lui donner de pseudo, ni aucun truc de ce genre. Il était ce qu’on appelle couramment mon "premier amour", une "relation" d’environ un mois et demi, un amour de vacances. Beaucoup de facteurs qui font que j’ai mis près de trois ans à "oublier" cette personne. Beaucoup à dire aussi… Si peu à tirer de ces réflexions.
Impacts majeurs :
- Je ne fais confiance à personne sauf à des gens que je ne connais pas ou peu parce que leur avis ne peux pas me blesser (théoriquement) → une des raisons pour lesquelles j’ai passé une après-midi un mec de 22/25 ans alors que je ne le connaissais que depuis quelques heures.
- J’ai pris l’habitude de parler des moindres détails de ma vie pour éviter les discussions qui révéleraient le fond de ma pensée, ce qui m’empêche de rencontrer des gens qui me ressemblent et me donne un sentiment de solitude que j’oublies quand je suis avec mon Amie.
- Je ne me vois absolument pas dans une relation amoureuse typique d’adolescent mais pas dans une relation mature d’adulte non plus, plus simplement : je ne peux pas me projeter avec quelqu’un à court/long terme ce qui me conduit à avoir des "crushs", ne rien leur dire parce que je préfère imaginer une relation à mon image et que la réalité est trop imprévisible.
Pourquoi est-ce que la plupart vivent un premier amour normal, et que moi j’ai mis trois ans à passer au-dessus d’un truc aussi puérile d’à peine un mois ? Pourquoi est-ce que je dois me poser autant de questions, tout analyser à en devenir presque psychorigide avec le contrôle de mes émotions ? Mes écrits n’ont pas toujours eu ce ton… Cette époque me manque…

"Esquisser" était bien le mot. Je n’ai pas vraiment réussi à dessiner mon émotion dans ce qu’elle a de singulière. Finalement, je n’ai pas réussi à en faire un sentiment. J’ai juste fait une liste… J’aurai pu faire un tableau Excel, on n’aurait pas vu la différence.