A way to reach out

Loin de vous

♦ Il se peut que je déménage à l’étranger après mon BAC (si je l’ai)... Chez ma famille maternelle dans un premier temps, puis dans une maison où je serai seule. C’est mon initiative, elle a beaucoup surpris mon père. Ma mère n’est pas vraiment impressionnée : elle a émigré au Liban à 17 ans. Question voyage, j’ai un an de retard. Quant à mon frère, il est trop occupé à aller en soirée et à fumer je ne sais quoi (le goût de pomme a dû l’induire en erreur) pour s’intéresser à ma vie. Je ne le blâme pas, j’espère simplement qu’il ne sera pas trop surpris de me voir faire mes valises la veille de mon départ. Pour finir, il y a mon lapin et mon coq, mais j’avoue ne pas leur avoir demandé leur avis bien qu’ils soient certainement ceux qui me manqueront le plus.
Je ne le cacherai pas, si je pars… Non : si je fuis, c’est bien à cause de ma vie familiale. Elle n’est pas aussi terrible qu’elle en a l’air, mais elle est assez fucked up pour me dégoûter d’avoir une famille ou même de me marier. Par exemple, il y a cette rivalité avec mon frère qui n’a fait que de s’accentuer au fur et à mesure des années au point où ces temps-ci, il peut arriver que je ne le voie pas deux ou trois jours d’affilée alors que nous habitons un petit pavillon. Et puis les parents n’arrangent rien : tantôt ils sont du côté de mon frère, tantôt du mien… C’est un procédé exclusif particulier et même paradoxal quand on sait qu’enfant on nous a répété : "Tous les deux : pareils". Puisque ces derniers temps je les ai à la bonne, j’en profite et je ne me pose plus de questions : j’ai vite abandonné mes efforts pour créer une certaine entente entre tous et je me suis repliée sur moi-même.
Pour en revenir au voyage, je suis sensée y aller vers août pour démarrer une nouvelle année scolaire (en septembre) à distance : un rêve pour l’introvertie que je suis. Ce qui me pousse à écrire, c’est ma mère qui me disait qu’elle irait habiter là-bas avec moi, qu’elle ne supporte plus de vivre ici avec mon frère qui lui gâche la vie… Et mon père qui, deux jours plus tard, m’explique qu’il faut que je l’emmène aussi parce qu’il ne peut plus s’interposer entre ma mère et mon frère qui se hurlent dessus dès qu’ils se croisent. Tous ces complots alors que je prévoyais d’emmener à la limite le coq (qui s’appelle Marcel soit-dit en passant) parce que mis à part les quelques fois où il m’a attaqué, j’aime le voir se prélasser au soleil et l’entendre chanter à six heures du matin. Ah la bonne bête… Au moins un qui est fidèle à lui-même.